Les chiffres
Données épidémiologiques
À l’origine de près de 10 millions de décès en 2020, le cancer est l’une des principales causes de mortalité dans le monde. En 2020, les cancers les plus courants (en termes de nombre de cas recensés) étaient les suivants :
- Le cancer du sein (2,26 millions de cas) ;
- Le cancer du poumon (2,21 millions de cas) ;
- Le cancer colorectal (1,93 million de cas) ;
- Le cancer de la prostate (1,41 million de cas) ;
- Le cancer de la peau (non-mélanome) (1,20 million de cas) ; et
- Le cancer de l’estomac (1,09 million de cas).
En 2020, les cancers à l’origine du plus grand nombre de décès étaient :
- Le cancer du poumon (1,80 millions de décès) ;
- Le cancer colorectal (916 000 décès) ;
- Le cancer du foie (830 000 décès) ;
- Le cancer de l’estomac (769 000 décès) ; et
- Le cancer du sein (685 000 décès).
Chaque année, un cancer est diagnostiqué chez quelque 400 000 enfants. Les cancers les plus courants varient d’un pays à l’autre. Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent dans 23 pays [1].
On estime qu’en 2018, 18,1 millions de nouveaux cas de cancers seront diagnostiqués dans le monde et que 9,6 millions de patients décéderont des suites d’un cancer.
À travers le monde, les cancers les plus fréquents sont, par ordre décroissant, le cancer des poumons, le cancer du sein, le cancer de la prostate et le cancer du côlon.
La situation est particulièrement mauvaise en Europe. Les Européens, qui ne représentent que 9 % de la population mondiale, totalisent 23,4 % du nombre total de cancers et 20,3 % des décès dus au cancer.
On s’attend à ce que les chiffres liés au cancer dans le monde empirent. Ceci s’explique par trois facteurs majeurs :
- La croissance démographique ;
- Le vieillissement de la population ;
- La dégradation de nos modes de vie à travers le monde, responsable d’une augmentation du risque de cancer [2].
- Ferlay J, Ervik M, Lam F, Colombet M, Mery L, Piñeros M, et al. Observatoire mondial du cancer : « Cancer Today ». Lyon : Centre international de recherche sur le cancer, 2020 (https://gco.iarc.fr/today, consulté en février 2021).
- World Cancer Report. 2018.
En Afrique subsaharienne, la charge du cancer devrait presque doubler dans les 20 prochaines années en raison de la croissance et du vieillissement de la population, pour atteindre 1,5 million de nouveaux cas et 1 million de décès d’ici 2040.
Le nouveau rapport donne une vue d’ensemble de la charge du cancer en termes de nombre et de caractéristiques des cancers dans la région.
Il fait état d’un total estimé de 801.392 nouveaux cas de cancer et de 520.158 de décès par cancer en Afrique subsaharienne en 2020.
Le cancer du sein féminin (129.400 cas) et le cancer du col de l’utérus (110.300 cas) sont responsables de 3 cancers sur 10 diagnostiqués chez les deux sexes.
Chez les femmes, les types de cancer les plus courants sont le cancer du sein (qui occupait la première place dans 28 pays) et le cancer du col de l’utérus (dans 19 pays).
Alors que chez les hommes, le type de cancer le plus fréquent était le cancer de la prostate (77.300 cas), suivi du cancer du foie (24 700 cas) et du cancer colorectal (23.400 cas). Le cancer de la prostate est le principal cancer incident chez l’homme dans 40 pays d’Afrique subsaharienne dont le Cameroun.
Le risque pour une femme d’Afrique subsaharienne de développer un cancer à l’âge de 75 ans est de 14,1%en général, de 4,1% avec le cancer du sein et de 3,5% avec le cancer du col de l’utérus (3,5%) qui à eux deux sont responsables de la moitié de ce risque.
Pour les hommes, l’incidence cumulée correspondante à l’âge de 75 ans est plus faible (12,2%), avec le cancer de la prostate qui est responsable d’un tiers de ce risque (4,2%) [1].
La mortalité par cancer est proportionnellement plus élevée en Afrique qu’ailleurs dans le monde. Les cancers représentent déjà entre 10 et 20% des pathologies sur le continent africain [2].
L’incidence exprime le nombre de nouveaux cas de cancers qui apparaissent dans une population d’individus, pendant une période de temps définie (la mortalité exprime le nombre de décès).
Le taux standardisé sur l’âge est le taux que l’on observerait dans une population donnée si celle-ci avait la même structure par âge qu’une population de référence.
Selon les estimations du MINEPAT et du PNUD, l’espérance de vie passera de 51,7 ans en 2010 à 56,3 ans en 2020. Avec un Indice de Développement Humain (IDH) de 0,512, le Cameroun occupait le 153ème rang sur les 188 pays évalués en 2014. Les formations sanitaires publiques sont davantage accessibles aux plus nantis : 14,5% pour le quintile le plus pauvre contre 25% pour le quintile le plus riche en 2007. En effet, alors que la part des plus riches dans l’accès aux services d’un médecin public approchait 43%, elle n’était que d’environ 3% pour les plus pauvres.
En 2014, près de deux personnes sur cinq (37,5%) vivaient en dessous du seuil de pauvreté monétaire, principalement en zone rurale (environ 90%) et dans les régions septentrionales (plus de 52%). En 2010, 70% de la population était en situation de sous-emploi global, c’est-à-dire travaillait involontairement moins de la durée hebdomadaire minimale de 35 heures, ou gagnait moins que le SMIG horaire. Par ailleurs, le taux net de scolarisation au niveau primaire (personnes de 6 à11 ans) est resté autour de 80% entre 2005 et 2010.
Au Cameroun, plus de 15 700 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. La mortalité est de 10 533 décès par an avec un ratio mortalité sur incidence supérieur à 65%.
En matière d’incidence, les femmes sont les plus affectées avec 9 335 nouveaux cas chaque année, soit un risque standardisé égal à 116,9 cas pour 100 000 femmes comparé à un risque standardisé de 100,5 pour 100 000 hommes (incidence de 6 434 nouveaux cas chaque année).
Les personnes âgées de 15 ans et plus sont les plus affectées avec 15 262 nouveaux cas. Environ un cinquième des cas surviennent chez les patients âgés de plus de 65 ans. Il s’agit essentiellement des cancers de la prostate chez 1 251 des 3 495 cas enregistrés.
En termes d’incidence annuelle, les cinq principaux cancers sont :
- Le cancer du sein (3 265 nouveaux cas) ;
- Le cancer du col de l’utérus (2 349 nouveaux cas) ;
- Le cancer de la prostate (2 064 nouveaux cas) ;
- Le cancer du foie (919 nouveaux cas) ;
- Les cancers colorectaux (832 nouveaux cas).
Au Cameroun, 43% de la population est constituée des moins de 15 ans. Les cancers pédiatriques représentent 1 à 2% de l’ensemble des cancers. Le nombre de cas incidents attendu annuellement est d’environ 900 nouveaux cas. En 2018, le service d’oncologie pédiatrique du Centre Mère et Enfant de la Fondation Chantal Biya a enregistré 150 nouveaux cas de cancer. Ce nombre de cas ne reflète pas la réalité de la situation des cancers pédiatriques au Cameroun, car certains patients n’arrivent pas à Yaoundé pour des raisons diverses (pauvreté, distance, défaut de diagnostic, etc.). Dans cette tranche d’âge, les hémopathies malignes représentent 50% des cancers diagnostiqués. Bien que 90% des cancers soient guérissables, plus de 80% des malades arrivent à un stade avancé avec un taux de létalité élevé de 40%.
- Nations Unies Info. Afrique subsaharienne : la charge du cancer devrait presque doubler dans les 20 prochaines années. 2022 May 11. [Internet]. Available on https://news.un.org/fr/story/2022/05/1119792 [viewed on 08 juin 2023].
- World Health Organization. GLOBOCAN 2012.
- World Health Organization. GLOBOCAN 2020.
- Comité National de Lutte contre le Cancer. Plan Stratégique National de Prévention et de Lutte contre le Cancer (PSNPLCa) 2020-2024. 2020 June.